10 avril 2007

II. Le traumatisme de Trianon


La Hongrie, dépecée après la poussée ottomane, soumise à la tutelle de l'Autriche par la suite, va connaître une réduction considérable de son territoire à l'issue de la Grande guerre.
Cette perte de territoire d'une grande ampleur suscite jusqu'à aujourd'hui la colère de nombreux Hongrois et la surprise du visiteur devant ce qu'il peut prendre pour un dangereux nationalisme. Petit retour en arrière pour comprendre.

Le sort des pays vaincus

La Hongrie est impliquée dans la Première Guerre mondiale comme l'Autriche et se trouve donc dans le camp des vaincus dont le sort est réglé par les vainqueurs, en son absence il faut le noter. A Versailles et dans ses environs, malgré les divergences entre les vainqueurs, les frontières de l'Europe sont redessinées.

[cliquer dessus pour voir l'animation gif]


La Hongrie historique compte de nombreuses minorités qui représentent un peu moins de la moitié de la population. Beaucoup d'hommes d'Etat hongrois ont écarté tout solution fédéraliste, signifiant l'éclatement du royaume. Cet éclatement s'est donc produit suite à la défaite. Tchèques et Slovaques, Roumains, Croates mieux représentés par leur diaspora dans les pays vainqueurs ont su convaincre ceux-ci de la nécessité d'un dépeçage de la Hongrie au nom du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes et parce que la Hongrie était leur adversaire au même titre que l'Allemagne ou l'Autriche.

Tee-shirt porté lors d'une manifestation à Versailles en 2006 (trouvée sur un site d'extrême-droite franco-hongrois)

Ces quelques images de l'époque ou plus récentes témoignent du refus de ce dépeçage qui a nourri un révisionnisme territorial dès l'entre-deux-guerres, notamment sous le régime Horthy.
Le slogan "Nem, nem shoa !" (Non, non, jamais !) résume cette volonté de ne pas accepter la "mutilation" de la Hongrie décidée au Traité de Trianon en juin 1920. La France, pays où a été signé le traité et un des principaux signataires, est rendue en grande partie responsable de cette situation.


Quelques équivalents territoriaux...

Carte postale en vente dans la boutique de l'église Matias à Budapest, ce qui témoigne d'un sentiment très répandu.
La Hongrie avant et après Trianon :


Retrouvez les autres épisodes de l'histoire de la Hongrie au XXème siècle.

2 commentaires:

Carole a dit…

Juste une petite correction orthographique en passant : jamais se prononce bien "shoa" mais s'écrit "soha".
Très intéressants, ces documents... j'ai vécu en Hongrie de 1993 à 1995 et Trianon était encore un sujet "d'actualité" qui n'a jamais manqué d'être évoqué, sachant que j'étais française !!

M.AUGRIS a dit…

Merci pour cette précision.
Je disais justement à mes élèves que c'était une question sensible encore aujourd'hui.

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