21 juillet 2008

Chronologie du Liban contemporain : La guerre civile (1975-1990)

[Beyrouth, automne 1975, Hulton Getty]

Première partie de la chronologie du Liban contemporain avec la Guerre civile qui déchire le pays de 1975 à 1990. A suivre, la chronologie du Liban depuis 1990.
L'année 1982 qui a vu l'intervention israélienne est particulièrement détaillée. Mes sources en bas de cette page.

1975

13 avril
Un bus palestinien revenant d'une mani­festation pacifique est attaqué par des hommes masqués à Ayn el-Roummané : vingt-sept morts. Ce massacre déclenche des affrontements généralisés entre Phalan­gistes et Palestiniens. C’est le début de la guerre civile.

1976

18 janvier
Massacre de la « Quarantaine », un bidon­ville de l'est de Beyrouth contrôlé par l'OLP. Les Phalanges y assassinent plus de six cents civils. Deux jours plus tard, pour venger leurs morts, les Palestiniens et leurs alliés libanais progressistes attaquent le village de Damour et tuent près de trois cents chrétiens.

1er juin
Début de l'intervention syrienne, pour venir en aide aux Phalangistes et à leurs alliés, en difficulté sur presque tous les fronts. Les troupes syriennes ne quitte­ront le pays que trente ans plus tard.

[Liban 1976, Paris Match]

21 juin
Une « force arabe » arrive au Liban à la suite d'un accord international. Sa présence ne parvient pas à arrêter les combats, de plus en plus violents. Les massa­cres et les batailles feront rage tout au long de l'été.

22 octobre
Un premier cessez-le-feu fragile est mis en place, sous l'égide des « casques verts » arabes et de la Syrie.

1977

16 mars
Kamal Joumblatt, leader du « Mouvement national » et de la gauche progressiste est assassiné dans une embuscade près d'un barrage contrôlé par l'armée syrienne. L'indignation est générale, d'immenses cortèges de manifestants parcourent Beyrouth-Ouest.[Photo]

2 août
Championnat international de ski nautique au Club Saint-Georges de Beyrouth, devant les carcasses d'hôtels brûlés.

1978

14 mars
« Opération Litani » : à la suite d'un attentat palestinien à Tel-Aviv, Israël envahit le sud du Liban (photo ci-contre). Les fedayins se replient au nord du Litani, et les réfugiés affluent à Beyrouth. On dénombre cinq cents morts en deux jours et des milliers de déplacés.

7 avril
Les combats reprennent sur la « ligne verte » à Ayn el-Roummané. La Syrie change de camp, et son artillerie intervient pour la première fois contre les Phalangistes.

13 juin
Le fils du président de la République, Tony Frangié, sa femme et sa fille sont assassinés chez eux à Zghorta, ce qui déclenche des combats entre Phalan­gistes et milices chrétiennes du nord, dont la Marada.

1er juillet
Les combats se généralisent entre Syriens, Forces arabes d'un côté et milices phalangistes de l’autre. Le long bombardement systématique de Beyrouth-Est par les Syriens et leurs alliés du moment, qui fera des centaines de morts, commence. Le gouvernement israélien appelle à « sauver les chrétiens du Liban de l'extermination ».

10 septembre
L'imam Moussa Sadr, personnalité religieuse et fondateur du Mouvement chiite Amal, disparaît dans des circonstances mystérieuses alors qu'il revenait d'une visite officielle en Libye. Beyrouth-Ouest se met en grève.[Photo prise en 2006 : Affiche du mouvement Amal avec à gauche Sadr et à droite Khomeiny]

28 septembre
En ce «jeudi noir», les bombardements de Beyrouth-Est prennent des allures d'apocalypse : plus de trois cents personnes perdent la vie.

7 octobre
Un cessez-le-feu est obtenu après un entretien entre le président de la République libanaise, Elias Sarkis, et son homologue syrien, Hafiz al-Asad.

1979

19 mars
Les soldats de la « Force d'interposition arabe» quittent Beyrouth-Est et sont remplacés par l'Armée libanaise. Des attentats de toute sorte (roquettes, voitures piégées, grenades) continuent d'ensanglanter la capitale.

19 août
Les combats reprennent, tout d'abord entre les Forces libanaises (regroupant les milices chrétiennes proches des Phalanges) de Bachir Gemayel (photo ci-contre) et l'Armée libanaise. Les affrontements avec la Marada se pour­suivent dans le nord du pays, alors que l'aviation israé­lienne pilonne le sud.

1980

10 avril
À Beyrouth-Ouest, des affrontements opposent tout d'abord le Fatah et le Mouvement Amal, puis Amal et le Baas irakien, et enfin Amal et les Mourabitoun. La banlieue sud est en feu.

10 mai
Les bombardements reprennent dans la montagne, où les Forces libanaises affrontent le PSNS. Les snipers font leur réapparition sur la ligne à Beyrouth, où les escarmouches entre Est et Ouest sont monnaie courante; le Nord s'embrase à son tour : des combats entre la Marada et les Forces libanaises éclatent.

10 août
Les attentats sont quotidiens, les attaques à la roquette visent les ambassades et représentations étrangères. Beyrouth-Ouest devient un reflet de la guerre Iran-Irak qui commence.

7 novembre
A la suite de l'assassinat de Kamal Kheir-Beik, le PSNS affronte les Mourabitoun à Beyrouth-Ouest.

1981

20 avril
Le niveau de violence rejoint celui de 1976, les bombardements aveugles ont repris sur les deux secteurs de la capitale et les combats entre les différen­tes factions s'étendent à l'ensemble du pays, depuis le Litani jusqu'au Akkar.

7 mai
Le déploiement de missiles anti-aériens SAM syriens dans la Bekaa est sur le point de provoquer une intervention israélienne. Alors que l'invasion semble imminente, les « deux côtés » de la ligne verte s'entre-tuent avec plus de passion que jamais.

5 juin
La violence est à son comble. Des dizaines d'obus tombent de part et d'autre, alors que les Améri­cains et les Soviétiques cherchent une solution à cette mini-crise des missiles.

17 juillet
Première attaque israélienne de grande envergure sur Beyrouth. Sont touchés : le quartier géné­ral de l'OLP, les bureaux du FDLP et du FPLP. Plus de cent personnes trouvent la mort.

22 octobre
Outre les bombardements, ce sont les attentats qui déchirent maintenant Beyrouth. Les voitures piégées sont une vraie psychose, après celle qui vient de tuer vingt-trois spectateurs dans un cinéma à Mazraa.

1982

10 avril
Un conflit éclate entre Amal et les Pales­tiniens, tout d'abord dans le sud du pays puis dans la banlieue de Beyrouth.

24 mai
Un attentat contre l'ambassade de France, dans le quartier Clemenceau, fait neuf morts et vingt-quatre blessés.

3 juin
L'ambassadeur d'Israël à Londres, Shlomo Argov, est grièvement blessé par balles à sa sortie de l'hôtel «Dorchester» de Londres, où il venait de par­ticiper à une réception diplomatique2.

4 juin
L'aviation israélienne bombarde des cibles à Beyrouth-Ouest (La Cité sportive, Sabra, Chatila et Fakahani sont en feu) et au Liban du sud.

4-5 juin
En représaille aux bombardements du Liban par l'armée de l'air israélienne, des localités israé­liennes sont bombardées en Galilée.

5 juin
Le gouvernement israélien décide d'engager au Liban une opération limitée - « Paix en Galilée » - en précisant qu'il est hors de question d'attaquer l'ar­mée syrienne dans le cadre de cette opération.

6 juin
L'opération «Paix en Galilée» commence. Les forces de Tsahal pénètrent au Liban et progressent selon trois axes principaux. Dans le secteur ouest, elles suivent la côte, encer­clent la ville de Tyr et les camps de réfugiés voisins, Borj-esh-Shimali et Rachidieh. Pendant la nuit, des unités d'infanterie et de chars sont débarquées au nord de Sidon (Saïda), au-delà du fameux kilomètre 40, que le Premier ministre, Menahem Begin, dési­gnera deux jours plus tard à la Knesset comme la limite nord de la pénétration israélienne au Liban. [Photo : Ariel Sharon, ministre de la Défense, salue les Tanks se rendant au Liban.]

7 juin
Dans le secteur est, prise de Beaufort. Dans le secteur ouest, les forces israélienne prennent Tyr, poursuivent vers le nord et dépassent la bourgade de Damour située au sud de Beyrouth. Les troupes de l'axe central atteignent Sidon. La Ville est complètement encerclée.

8 juin
L'aviation frappe deux stations de radar sy­riennes près de la bourgade de Jezzine. Begin déclare à la Knesset : « Nous ne voulons pas d une guerre avec la Syrie. Avant tout j’invite le président Assad à donner l'ordre à l'arrnee svrienne de ne pas attaquer les soldats israéliens auquel cas les Syriens n’auront rien a craindre». Dans le secteur ouest, les Israéliens atteignent les abords de Damour. Des milliers de réfugiés s'enfuient.

9 juin
Prise de Damour. L’armée israélienne occupe des positions à l’extrémité sud de 1’aéroport de Bey­routh. L'armée de l'air détruit dix-neuf batteries de lance-missiles syriennes et anéantit au sol des dizaines d'avions de combat syriens.

10 juin
Les forces israéliennes avancent en direction des abords de Beyrouth –Ouest et se rapprochent de la route Beyrouth-Damas. Début de la bataille contre les Syriens pour le contrôle du village de Sil situé aux abords sud de Beyrouth. Dans le secteur est, durs combats contre les Syriens près du lac de retenue de Qra’aoun. Les Phantoms de l’armée de 1’air bombardent par erreur des chars et de l’infanterie dans la plaine de Bianour, faisant des dizaines de tués et de blessés israéliens.
Tout au long de ces journées de combats, l’armée israélienne mène des opérations de ratissage dans les zones urbaines, les villages et les camps de réfugies, arrête des gens, saisit des armes et des munitions.

11 juin
Première déclaration de cessez-le-feu.

13 juin
Les Israéliens continuent leur progression vers Beyrouth, atteignent le palais présidentiel à Ba'abdeh et font la jonction avec les milices chré­tiennes - les Phalanges. Dans les jours qui suivent, l'encerclement de Beyrouth se transforme en véri­table siège. Différentes cibles situées dans la ville sont bombardées depuis la mer, le ciel et le sol.

15-23 juin
Séjour de Begin aux États-Unis. Le 21 juin, il rencontre le président Reagan.

22-25 juin
Durs combats contre les Syriens autour de la route Beyrouth-Damas.

23 juin
L'armée de l'air bombarde le stade situé au cœur de Beyrouth.

26 juin
Ariel Sharon, ministre de la Défense, suggère aux oreilles du Premier ministre, Menahem Begin, et des ministres Yitzhak Shamir et Simha Erlich, de bombarder Beyrouth en demandant préalablement à la population d'évacuer la ville.

21 juin
Les avions israéliens lâchent au-dessus de Beyrouth des tracts invitant la population de l'ouest de la ville à se sauver.

28 juin
L'OLP accepte l'idée de quitter Beyrouth pour sauver la ville de la destruction. Au même moment, au cours d'une conférence de presse, Ariel Sharon invite les Libanais à combattre les Palestiniens. Le siège de Beyrouth-Ouest durera deux mois. D'une brutalité inouïe, les bombardements israéliens feront des milliers de victimes.

Début juillet
Toute la partie ouest de Beyrouth est en­cerclée et assiégée, l'eau et l'électricité sont coupées.

25 juillet
Tsahal accepte la démission du colonel Élie Geva, commandant d'une unité de chars, don­nant suite à sa demande d'être libéré de ses fonc­tions. Pour des raisons de conscience, il ne veut pas participer à l'attaque de Beyrouth.

30 juillet
Le Conseil de sécurité enjoint à Israël de lever immédiatement le siège de Beyrouth afin de permettre l'acheminement de denrées de première nécessité destinées à la population, et d'autoriser la fourniture d'une aidée médicale à la ville.

[Image extraite du Film d'Ari Folman, Valse avec Bachir]

1er août
L'armée israélienne contrôle l'aéroport inter­national de Beyrouth. Bombardements aériens mas­sifs (plus de cent sorties) des quartiers sud de Beyrouth. Nombreux blessés et destructions considérables.

4 août
L'armée israélienne resserre le siège de Bey­routh ouest, contrôle le quartier du Musée, se déploie sur les hauteurs qui dominent le camp de Borj el-Baraj-neh et occupe des positions jouxtant l'Hippodrome.

8 août
Des unités israéliennes occupent des pos­itions dans le port des Jounieh, au nord de Beyrouth, afin de prévenir toute tentative de débarquement de troupes françaises ou américaines sans l'accord d'Israël.

9 août
Tirs d'artillerie lourde sur Beyrouth.

10-12 août
La poursuite du bombardement de Bey­routh ouest suscite une profonde réprobation dans le monde. Israël est accusé de martyriser la popula­tion civile de la capitale libanaise. En Israël aussi, les critiques se font plus sévères.

12 août
Bombardements intenses de Beyrouth par l'armée de l'air. Par l’entremise de Philip Habib, l'ém­issaire spécial des États-Unis, un cessez-le-feu est obtenu.

19-21 août
L'évacuation des combattants palestiniens commence. Une force internationale composée d'Ita­liens, de Français et d'Américains arrive au Liban.
Les hommes de l'OLP commencent à quit­ter Beyrouth conformément à l'accord conclu. Leur évacuation se fait sous la supervision du contingent français des forces multinationales.

23 août
Le chef des Phalanges, l'homme fort des Forces libanaises, Bachir Gemayel, 34 ans, est élu président du Liban avec la bénédic­tion et le concours d'Israël. Il doit prendre ses fonc­tions le 23 septembre.

30 août
L'armée libanaise prend position à Bey­routh. Les Syriens se retirent. Les derniers combattants palestiniens quittent la capitale. L'invasion israélienne a fait six mille morts et trente mille blessés, dont 90 % de civils.

1er septembre
Fin de l'évacuation de Beyrouth par l'OLP et les soldats syriens.

14 septembre
Bachir Gemayel est tué par une charge d'explosifs cachée dans un bâtiment abritant une sec­tion des Phalanges dans le quartier d'Ashrafieh, dans Beyrouth-est. Vers minuit, le Premier ministre et le mi­nistre de la Défense israéliens, après consultation du chef d'état-major, décident qu'à l'aube, Tsahal entrera dans Bey­routh ouest et prendra le contrôle des positions-clefs.

15 septembre
Des troupes de l'infanterie israélienne, dont une partie a débarqué d'avions de transport sur l'aéroport de Beyrouth, pénètrent dans Beyrouth-ouest.

[Image extraite du Film d'Ari Folman, Valse avec Bachir]

16-18 septembre
Au bout de deux jours, le contrôle de Beyrouth-ouest, des carrefours et des principales artères de la ville, est achevé. Les forces israéliennes encerclent les camps de réfugiés de Sabra, Chatila et Faqhani.
Le 16 septembre dans l'après-midi, Tsahal autorise les troupes des Phalanges à pénétrer dans les camps de Sabra et Chatila. Les phalangistes entrent dans Chatila en fin d'après-midi et commencent à assas­siner les habitants. À la tombée de la nuit, l'armée de l'air apporte son aide en éclairant avec des fusées les phalangistes en train d'opérer dans les camps. Cet éclairage sera maintenu sans interruption pendant toute la nuit. Le massacre perpétré dans les camps de Sabra et Chatila dure jusqu'au matin du 18 septembre.
Des femmes, des enfants, des vieillards et les quelques hommes en âge de combattre qui se trou­vaient encore là sont brutalement assassinés dans les camps palestiniens de Sabra et Chatila par des miliciens libanais. Ariel Sharon, dont les troupes étaient postées à cent mètres du massacre, est aujourd'hui hors d'état de témoigner.

21 septembre
Amine Gemayel, frère du précédent, est élu président de la République Libanaise.
Israël accepte le retour des forces multinationales à Beyrouth (contingents américain et italien). Tsahal réduit sa présence dans la ville. Au cours d'une réunion du gouvernement, le Premier ministre fait part de son opposition à tout débat sur les diverses demandes d'enquête sur les massacres de Sabra et Chatila.

22 septembre
Au cours d'un débat houleux à la Knesset, la création d'une commission d'enquête gouver­nementale sur les massacres de Sabra et Chatila est exigée.

28 septembre
Le gouvernement israélien décide de consti­tuer une commission d'enquête.

29 septembre
L'armée israélienne achève son retrait de Beyrouth et se redéploie sur de nouvelles posi­tions en dehors de la ville.

20 octobre
La commission d'enquête, dirigée par Yitzhak Kahane, président de la Cour suprême, et composée d'Aaron Barak, juge à la Cour suprême et d'Yona Efrat, général de division de réserve, com­mence l'audition des témoins.

11 novembre
Une fuite dans des bonbonnes de gaz provoque l'effondrement du poste de commandement de Tsahal à Tyr. Soixante-seize hommes des forces de sécurité et de l'armée trouvent la mort dans cet accident.

1er décembre
Une nouvelle guerre débute, cette fois-ci entre les druzes du PSP de Walid Joumblatt et les Forces libanaises, dans le Chouf.

14 décembre
Premier cessez-le-feu dans les villes du Chouf entre les Druzes et les chrétiens.

28 décembre
Dans la bourgade de Haldeh, au sud de Beyrouth, début des pourparlers directs entre Israël et le Liban avec la participation du gouvernement américain.

1983

1er février
Beyrouth-Est commence l'année sous les obus et les roquettes tirées depuis la montagne.

18 avril
L'ambassade américaine est détruite par un attentat kamikaze au camion piégé, revendiqué par le Jihad islamique, qui fait cinquante-cinq morts libanais et dix-sept américains.

17 mai
Le Liban et Israël signent un accord de paix qui prévoit un retrait israélien progressif et la création d'une zone tampon dans le sud du pays. Cet accord sera la cause officielle de la poursuite de la guerre civile, jusqu'à son abrogation en 1987.

28 août
L'Armée libanaise, qui tient le centre de Beyrouth, fait face à l'insurrection des milices de l'ouest : PSP, PSNS, communistes, Mourabitoun et Amal. Après trois jours de combats intenses, la tentative avorte.

1er septembre
Les Israéliens se retirent soudainement du Chouf, laissant face à face les milices chrétiennes et le PSP druze, qui mettent la montagne à feu et à sang, précipitant des milliers de réfugiés sur les routes

23 octobre
Deux cent quarante et un marines améri­cains et cinquante-six parachutistes français sont tués dans deux attentats à la bombe à Beyrouth) revendiqués par des groupes islamistes.

27 octobre
Dans le nord, à Tripoli, les Palestiniens se déchirent entre pro-Arafat et pro-Syriens. Les morts se comptent par centaines.

20 décembre
Fin de « l’aventure de Tripoli » . Yasser Arafat et plus de trois mille combattants palestiniens sont évacués sous protection internationale.

1984

6 février
Amal et les milices de Beyrouth-Ouest mettent en déroute l’armée libanaise et prennent le contrôle du secteur. Les bombardements secouent la capitale tout entière.

20 mars
La conférence de Lausanne à laquelle participent les grands acteurs internationaux, débouche sur un accord de cessez-le-feu Les divers contingents étrangers quittent Beyrouth, la « ligne verte » est censée être démilitarisée. Un gouvernement d'union nationale est formé mais dans la capitale, le chaos règne.

24 juin
Après des réformes gouvernementales, au cours desquelles Michel Aoun est nommé chef des armées, un nouveau cessez-le-feu est mis en place. Les points de passage entre l'Est et l'Ouest de la capitale sont rouverts.

14juillet
De violents combats opposent le PSNS et la Marada dans le nord.

1er décembre
Malgré le retour de l'armée dans le centre de Beyrouth, la situation reste toujours incontrô­lable.

1985

16 mars
Marcel Carton et Marcel Fontaine dispa­raissent à Beyrouth-Ouest. Une semaine plus tôt, Terry Anderson a été lui aussi enlevé par le Jihad islamique. C'est le début de la guerre des otages.

30 avril
Amal et le sixième régiment de l'Armée libanaise assiègent les camps palestiniens de Chatila et de Borj-Hammoud. La «guerre des camps» commence, elle fera des centaines de morts palestiniens.

22 mai
Michel Seurat et Jean-Paul Kauffmann sont enlevés à leur tour.

20 novembre
Le désordre est à son comble à Beyrouth-Ouest. Les prises d'otages sont quotidiennes, Amal et le PSP mettent le quartier à feu et à sang.

28 décembre
La guerre est théoriquement finie : un accord vient d'être signé à Damas par Amal, les Forces libanaises et le PSP. Cet «accord tripartite» sera de courte durée; déchirées entre partisans de l'accord et opposants, les Forces libanaises commencent une lutte fratricide, tout comme Amal et le PSP.

1986

5 mars
Le Jihad islamique annonce la mort de Michel Seurat.

15 juin
Affrontements à Tripoli entre le PSNS et le Tawhid, le Mouvement de l'Unité islamique.

24 octobre
La guerre des camps entre Amal et les Palestiniens s'étend à Saïda.

15 décembre
Les combats font de nouveau rage à Tripoli, cette fois-ci entre milices islamiques et éléments pro-syriens.


Pour en savoir plus, lisez ce message sur Lire-écouter-voir à propos du film Valse avec Bachir d'Ari Folman, nous répondons à ces questions :

Retrouvez la chronologie interactive du Moyen Orient au XXème siècle.

Deux ouvrages m'ont servi à établir cette chronologie, notamment pour l'année 1982 :

  • Yussef Bazzi, Yasser Arafat m'a regardé et m'a souri, Verticales, 2007. Yussef Bazzi a été enfant-soldat au Liban au début des années 1980. Il raconte cette période de sa vie dans ce magnifique petit livre dont je vous avais parlé. Il est aujourd'hui un poète reconnu dans le monde arabe. Comme le dit son traducteur : «Gardons-nous de juger les hommes. Attendons de voir s’ils deviennent poètes.»
  • Irit Gal et Ilana Hammerman, De Beyrouth à Jénine. Témoignages de soldats israéliens sur la guerre du Liban, La Fabrique, 2003. Une journaliste et une écrivain israéliennes font parler les vétérans de l'intervention israélienne de 1982.

4 commentaires:

antounlb a dit…

Bonjour,
Si le 13 avril 1975 est comme vous le dites communement designé comme etant le debut de la guerre civile, l'evenement declencheur semble en revanche être un autre évenement; l'assassinat du garde du corps de Pierre Gemayel au sortir d'une eglise le matin du 13 avril.
L'acte perpetré par le PSNS, fut un temps imputé aux palestiniens, ce qui expliquerait l'attaque du bus palestinien dans l'apres midi...

M.AUGRIS a dit…

Merci de cette précision.
Je dois avouer que je ne suis pas suffisamment spécialiste du Liban pour vous en dire plus là-dessus.

Anonyme a dit…

Je tiens a rajouté que les forces libanaises issue des phalanges chrétiennes n'on jamais participé a l'accrd tripartite de Damas en 1986 cette in formation est totalement fausse sans remettre en question vos recherches et votre savoir

Anonyme a dit…

merci c super bien fait

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